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La direction de l’UQÀM s’entête

Aucune entente, mais les frais afférents demeurent sur la table

[ jeudi 1er mars 2007]


D’entrée de jeu, je serais porté à dire que la tension monte. Le dossier des frais afférents à l’UQÀM a connu un nouvel épisode mardi dernier alors qu’une réunion extraordinaire du Conseil d’administration (CA) devait avoir lieu.

Une soixantaine d’étudiants-es ont manifesté devant les accès qui mènent au CA, empêchant du même coup les administrateurs et les administratrices, ainsi que des employés-es de l’UQÀM, d’atteindre leur lieu de travail.

Bien que les esprits se sont échauffés, je me dois cependant de préciser que la manifestation a été pacifique et ayant été moi-même sur les lieux, je n’ai constasté aucune altercation violente entre les étudiants-es et les adminstrateurs, administratrices et employés-es. La manifestation se caractérisait principalement par le bruit de tambours, chaudrons et autres.

Le CA n’a pas eu lieu. Des représentants-es des étudiants-es, exécutants-es d’associations étudiantes, présents-es sur les lieux, ont demandé à plusieurs reprises de rencontrer la rectrice Laberge.

Une rencontre en compagnie de Mme Lamoureux, vice-rectrice aux études et à la vie étudiante, ainsi qu’en présence de Mme Laberge a eu lieu mardi après-midi à 15h00. J’y étais présent pour l’AESS, accompagné de Christian Dumont, secrétaire général de l’AFESPED (association facultaire science politique et droit), Joelle Bolduc, présidente du SÉtuE (syndicat des étudiants-es employés-es), Philippe Marchand, coordonnateur général de l’AFESH (association facultaire sciences humaines) et de Alexandre Leduc, aux affaires uqamiennes de l’AFESH.

Malgré qu’aucun-e représentant-e de l’AFÉA (association facultaire des arts) et de l’AFELLC (association facultaire lettres, langues et communications) n’étaient présents-es, nous avons rappelé à Mme Lamoureux et Laberge que la déclaration que nous avions lue lors de la manifestation du 16 février et acheminée au CA (http://www.aessuqam.org/spip.php?ar...) était toujours actuelle et que notre position demeurait la même à savoir que :

Les frais afférents ne constituent pas une solution viable, que les différentes universités qui ont opté pour des hausses de frais se trouvent toujours dans de périlleuses situations financières, allant maintenant jusqu’à demander un dégel des droits de scolarité, et que chaque dollar prélevé dans la poche des étudiants-es ne ferait qu’accentuer davantage le désengagement de l’État dans le financement de nos universités. Il est impensable d’espérer un réinvestissement public si invariablement nos institutions puisent des revenus, sous forme de hausses de frais successives, dans la poche des étudiants-es. Nous devons collectivement dire NON aux frais facturés aux étudiant-es, et collectivement nous battre pour un réinvestissement public, la seule issue qui assurera une réelle amélioration de notre qualité de vie, où nos bibliothèques seront renouvelées, où des professeurs-es seront embauchés-es, etc.

Les représentants-es étudiants-es ont de plus très clairement souligné qu’aucune entente visant des hausses de frais ne serait possible et que si la direction de l’UQÀM respectait ses engagements, c’est-à-dire qu’aucune hausse ne serait faite sans une entente au préalable, qu’elle devrait dès maintenant renoncer aux frais afférents et inviter les associations étudiantes à explorer d’autres pistes de solutions. Nous nous y sommes engagées.

Malheureusement, nous ne pouvons que déplorer l’attitude de l’administration dans ce dossier qui maintient pourtant qu’aucune hausse de frais afférents ne sera faite sans entente, mais qui ne semble aucunement se rendre à l’évidence que cette entente ne pourra être conclue. Elle s’obstine donc à ne pas vouloir prendre l’engagement de renoncer aux frais afférents, ce qui ne peut qu’accentuer notre inquiétude face à leurs réelles intentions.

La journée de mardi dernier s’est soldée par une convocation de 5 étudiants-es, tous et toutes exécutants-es, devant un comité d’intervention, voire de discipline. Olivier Laroche, trésorier de l’AESS, ainsi que moi-même, étions de ce groupe. Ce comité a pour mandat de sanctionner les étudiants-es qui outrepassent les différents règlements de l’UQÀM. Nous aurions notamment contrevenu au règlement no 10, qui stipule qu’il est interdit de bloquer l’accès à des portes, escaliers, corridors et autres. Nous pourrions être sujets à une peine maximale de 20 jours d’expulsion de l’UQÀM.

Ce comité, qui ne dispose apparemment d’aucune preuve tangible, hormis de deux témoins qui y siègent - juges et parti - ne vise qu’à intimider les associations étudiantes pour les décourager de manifester à nouveau leur opposition aux hausses de frais afférents, brimant du même coup notre liberté d’expression. Il est très regrettable que l’UQÀM opte pour de telles mesures.

Patrick Véronneau
Coordonnateur général AESS