Accueil du site > Dernières nouvelles > Crise financière UQAM > Frais afférents : Hausse de 100$ par étudiant par session

Frais afférents : Hausse de 100$ par étudiant par session

[ mercredi 6 septembre 2006]


Le vendredi 19 mai 2006, le Conseil d’administration de l’UQAM a voté à l’unanimité une résolution ayant pour effet de mandater notre recteur, M. Roch Denis, à une négociation portant sur la hausse des frais généraux (voir le relevé d’inscription facture) en compagnie des associations facultaires étudiantes de l’UQÀM, dont l’AESS.

Le Conseil d’administration a de plus fixé la base de la négociation, soit une hausse des frais généraux de 100$ par étudiant par session. Il est à noter que cette hausse affecterait tous les étudiants de l’UQÀM aussi bien à temps complet qu’à temps partiel et que ces frais ne sont pas remboursables.

Comment le 100$ a-t-il été fixé ? Apparemment, dans les grandes universités (nous ignorons quelles sont celles qui ont ce statut, mais nous pouvons l’imaginer) la moyenne des frais afférents que doivent payer les étudiants serait de l’ordre de 120$ alors qu’à l’UQÀM ils sont présentement à 20$. De rejoindre cette moyenne consisterait en une hausse de 500% des frais généraux actuels.

Cependant, il n’est pas aisé, malgré que l’UQÀM s’est prêté allègrement à cet exercice, de comparer les universités entre elles sur la base des frais afférents, car ces derniers, d’une université à l’autre, adoptent différentes formes et différentes nomenclatures. La hausse envisagée de 100$ par étudiant par session demeure donc particulièrement discutable.

Il serait également pertinent de souligner que les frais afférents (tout autre frais que les frais de scolarité, diraient certains) échappent à toute règlementation de l’État. Ces frais ne sont en aucun cas contrôlés, les administrations universitaires ayant toute la latitude nécessaire afin de les augmenter, les diversifier, etc. Signalons qu’en contre-partie les frais de scolarité sont règlementés. Le gel des frais de scolarité prévaut depuis 1994.

La tendance y est, les frais afférents explosent dans les universités. Bien qu’encore une fois il soit difficile de circonscrire les frais afférents d’une université à l’autre, il n’en demeure pas moins que les étudiants de l’Université de Montréal, de l’Université Laval, de l’Université McGill et Concordia ont connu de mirobolantes hausses de leurs frais et ce malgré le gel des frais de scolarité.

Une hausse de 100$, mais pour quelle raison ? Évidemment, de répondre ici que l’UQÀM ne veut, par principe, que rejoindre une hypothétique moyenne des frais afférents n’aurait pas tellement de sens, mais la véritable raison n’en demeure pas moins curieuse :

Pour une deuxième année consécutive l’UQÀM a adopté un budget déficitaire. Le déficit prévu serait de 28 000 000$ en 2006-2007.

Des compressions budgétaires de l’ordre de 3 700 000$ ont été entreprises au niveau des vice-rectorats, recherche et création en tête de liste, dans les bibliothèques, ainsi qu’une diminution de l’embauche de nouveaux professeurs, etc.

Bien que nous pourrions discuter longuement des choix financiers de l’UQÀM, dont notamment d’investir aveuglément dans un projet comme l’Ilot Voyageur, il n’en demeure pas moins que les universités québecoises sont les victimes d’un sous-financement chronique de la part du gouvernement fédéral et provincial.

Amputées par les coupures dans les transferts fédéraux survenues dans la course au déficit zéro du gouvernement fédéral dans les années 90, jumelé à un désintéressement de l’État québecois, il n’est pas surprenant que les universités québecoises soient désormais dans une situation comparable à l’UQÀM, sinon pire.

Le manque à gagner des universités québecoises en comparaison des universités canadiennes serait de l’ordre de 375 000 000$ annuellement.

Selon l’administration, puisque 90% du budget de l’UQÀM est conventionné, le seule option serait de puiser dans la poche des étudiants afin d’éponger le déficit.

Par une hausse de 100$ par étudiant par session, l’UQÀM espère récolter 7 000 000$.

Mentionnons que le régime de prêts et bourses se réfère aux frais de subsistance, aux frais de scolarité, mais non aux frais afférents. Une hausse de ces derniers n’entraînerait aucun réajustement de l’aide financière versée.

Résolutions adoptées par le Comité exécutif de l’Association étudiante du Secteur des sciences de l’UQÀM en date du 11 juillet 2006 :

- Attendu la négociation sur les frais généraux à laquelle seront conviées les associations facultaires étudiantes ainsi que le recteur de l’UQÀM ;

- Considérant la résolution qui mandate le Comité exécutif de travailler en collaboration avec les autres associations facultaires au sujet des frais afférents (Assemblée générale du 28 mars 2006) ;

- Considérant la résolution du Conseil d’administration de l’UQÀM qui fixe la base de la négociation à une hausse des frais généraux au niveau de la moyenne des grandes universités québécoises ;

- Considérant un déficit annoncé à l’UQÀM de 28 000 000$ en 2006-2007 duquel sera retranché 3 700 000$ en coupures, dont 556 000$ dans les bibliothèques ;

- Considérant que le désengagement de l’État en éducation post-secondaire se traduit par un sous financement des universités québécoises d’au moins 375 000 000$ annuellement ;

- Considérant que la hausse envisagée de 100$ par étudiant par session, soit 7 000 000$ annuellement, s’apparente davantage à une solution de secours qu’à une réelle solution ;

- Considérant que l’augmentation de la contribution financière étudiante n’est qu’un argument de plus au désengagement de l’État en éducation post-secondaire ;

- Considérant que la hausse des frais généraux augmentera le fardeau financier des étudiants, affectera par conséquent l’accessibilité aux études universitaires et s’oppose à la perspective de gratuité scolaire ;

- Attendu les mobilisations de la communauté étudiante et civile sur le réinvestissement de l’État en éducation post-secondaire ;

- Considérant la résolution qui mandate le Comité exécutif d’exiger la tenue d’un référendum avant toute nouvelle hausse des frais afférents, incluant les Cotisations automatiques non-obligatoires (CANO) (Assemblée générale du 28 mars 2006) ;

Le Comité exécutif prend position contre la hausse des frais généraux. À cet effet, que la question des frais généraux soit réglée afin de permettre la mise en oeuvre d’une stratégie sur le réinvestissement de l’État en éducation post-secondaire.

Que d’ici à une consultation en assemblée générale, le Comité exécutif demeure vigilant et proactif afin d’empêcher toute hausse des frais généraux sans l’accord des membres de l’association.

Qu’à défaut de pouvoir consulter l’assemblée générale sur la hausse des frais généraux, que le Comité exécutif exige un délai suffisant à la tenue d’un référendum. La pertinence d’un tel référendum laissée à la discrétion de l’assemblée générale.

SURVEILLEZ LE SITE INTERNET, PROCHAINEMENT UNE ASSEMBLÉE GÉNÉRALE SERA CONVOQUÉE AFIN QUE NOUS PUISSIONS EN DÉBATTRE ET POSITIONNER L’ASSOCIATION SUR CET ENJEU.

JPEG - 76.8 ko
Relevé d’inscription facture fictif