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Dossier UQÀM et gouffre financier

L’UQAM embauche Lucien Bouchard

Paru dans Le Devoir, le 12 mai 2007

[ lundi 14 mai 2007]


Le Devoir LES ACTUALITÉS, samedi 12 mai 2007, p. a6

Négociations avec Busac L’UQAM embauche Lucien Bouchard

Lévesque, Kathleen

L’Université du Québec à Montréal (UQAM) tente de juguler l’hémorragie financière en appelant à la rescousse l’ancien premier ministre Lucien Bouchard. Rompu aux négociations ardues, M. Bouchard a hérité de la lourde tâche de sortir l’UQAM du pétrin dans lequel elle s’est plongée avec la firme Busac.

Le mandat que vient de donner l’UQAM à Lucien Bouchard ne s’arrête pas là. Avec le cabinet d’avocats Davies Ward Phillips & Vineberg auquel il est associé, M. Bouchard travaillera au plan de redressement exigé par le gouvernement pour le 15 juin. M. Bouchard se retrouvera donc face au conseiller spécial que le réseau de l’Université du Québec (UQ) doit nommer sous peu pour élaborer ce plan de redressement avec l’UQAM.

D’aucuns verront là davantage une réponse à la quasi-mise en tutelle imposée par le biais de l’UQ qu’une véritable collaboration. Mais à l’UQ, on se dit satisfait de la décision de l’UQAM. « Plus il y aura de personnes compétentes impliquées dans le dossier, mieux ce sera. L’important est de trouver une solution au problème », a commenté la porte-parole de l’UQ, Valérie Reuillard.

Le problème réside notamment dans le contrat liant l’UQAM à la firme Busac, par lequel seule l’UQAM assume tous les risques du chantier. Pour financer le projet, l’UQAM a émis des obligations totalisant 269 millions de dollars. Comme le révélait La Presse hier, le ministère des Finances s’est porté acquéreur de la totalité de ces obligations en avril 2006 devant le risque que cela puisse perturber les marchés financiers. Mais cette décision administrative ne fait en aucun cas du gouvernement le bailleur de fonds d’un projet qui s’avérera un problème par la suite.

Et le problème est gigantesque. Les deux plus récents projets immobiliers de l’UQAM, le Complexe des sciences et l’îlot Voyageur, représentent un gouffre d’au moins 200 millions de dollars, en plus de grever le budget de fonctionnement pour les 30 prochaines années. Les révélations du Devoir sur l’ampleur du marasme financier et immobilier ont d’abord entraîné la démission du recteur Roch Denis, puis l’intervention du gouvernement du Québec.

Ainsi, la ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne, a demandé au Vérificateur général du Québec de faire enquête sur ce qui s’est passé. De son côté, la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, entend mater les velléités expansionnistes des universités. Lors de la présentation du budget, le 24 mai, elle entend lancer un message comme prélude à des amendements législatifs obligeant les universités à obtenir l’autorisation du gouvernement avant de se lancer dans des projets immobiliers.