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Dossier UQÀM et gouffre financier

L’UQAM nie être au bord de la faillite

Paru aujourd’hui dans La Presse

[ mardi 29 mai 2007]


La Presse Actualités, mardi 29 mai 2007, p. A11

L’UQAM nie être au bord de la faillite

Beauchemin, Malorie

QUÉBEC - La situation financière de l’UQAM est "précaire", mais l’établissement n’est pas au bord de la faillite, assure la rectrice par intérim, Danielle Laberge.

"L’évocation de la faillite technique, c’est une image. Au sens strict, nous ne sommes pas en faillite, explique-t-elle. Notre situation financière est serrée, parce qu’on se rapproche de la limite supérieure de notre marge de crédit."

À l’approche de l’été, l’UQAM attend des sommes du gouvernement qui rentreront plus tard, normalement selon les cycles de versements, ce qui ajoute une pression conjoncturelle supplémentaire sur l’institution. "Mais ça ne durera pas", assure Mme Laberge.

La rectrice insiste pour dire qu’elle est en contact permanent avec les ministères de l’Éducation et des Finances au sujet de la précarité de la situation de l’UQAM, mais que l’établissement "n’est pas rendu" à appeler à l’aide le gouvernement.

Hier, le titre d’un article du quotidien Le Devoir, affirmant que l’université pourrait faire faillite à la mi-juillet, a semé un certain émoi dans la communauté de l’UQAM. Le vice-président du conseil d’administration, Jacques Girard, y évoquait les lourdes difficultés financières de l’établissement.

L’UQAM est aux prises avec un déficit de fonctionnement pour la troisième année, en plus d’avoir à éponger le fiasco financier du complexe des sciences, autour de 100 millions, et celui, à venir, de l’îlot Voyageur si le projet n’est pas modifié.

Québec retient certaines subventions conditionnelles tant que l’UQAM n’aura pas présenté un budget équilibré. En ce sens, l’Université doit présenter au gouvernement un plan de redressement d’ici le 15 juin, sans quoi d’autres subventions conditionnelles, pour l’année prochaine, pourraient ne pas être versées.

Au bureau de la ministre de l’Éducation, on préfère attendre de voir ce plan de redressement avant de commenter la situation. "Le travail se poursuit pour trouver des solutions", souligne le porte-parole de la ministre Michelle Courchesne, Jean-Pascal Bernier.

Le critique de l’opposition officielle adéquiste en matière d’éducation, François Desrochers, croit pour sa part que le gouvernement a tardé à agir dans le dossier. Il affirme qu’il est toutefois trop tôt pour songer à mettre sous tutelle l’établissement, préférant attendre les conclusions du vérificateur général, chargé d’enquêter sur les dépassements de coûts des projets immobiliers. Mais au final, le gouvernement devra payer pour les problèmes de mauvaises gestions à l’UQAM, selon lui. "Ce sont les contribuables, mais aussi la qualité de l’enseignement qui va en souffrir", soutient M. Desrochers.

Mme Laberge refuse quant à elle de tirer des conclusions "alarmistes", mais elle ne cache pas l’urgence de s’entendre avec le Ministère pour régler la crise. "C’est urgent parce que ça crée un poids psychologique sur tout le monde à l’université, dit-elle. Tant qu’on a pas un portrait clair, tout le monde est un peu sur les nerfs."

L’UQAM a présenté la semaine dernière un budget provisoire de 353 millions de dollars qui prévoit des compressions de 6 millions dans le fonctionnement et une augmentation des frais afférents pour les étudiants qui rapportera 5 millions par année. Ce budget doit toutefois être approuvé demain par l’Assemblée des gouverneurs de l’Université du Québec.