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Dossier crise financière UQAM

Le budget de l’UQAM est rejeté

Les gouverneurs de l’UQ demandent un nouveau budget qui s’inspirera du plan de redressement

[ vendredi 1er juin 2007]


Le Devoir LES ACTUALITÉS, jeudi 31 mai 2007, p. a2

Le budget de l’UQAM est rejeté Les gouverneurs de l’UQ demandent un nouveau budget qui s’inspirera du plan de redressement

Cauchy, Clairandrée ; Lévesque, Kathleen Le Devoir

Le chemin de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) pour se sortir de la crise financière est étroitement balisé. Son autonomie financière aussi. Il reste deux semaines à l’établissement pour présenter un plan de redressement et quatre mois pour faire ses preuves en concoctant un budget acceptable.

Le réseau de l’Université du Québec (UQ) n’a pas approuvé hier le budget 2007-08 de sa constituante de Montréal, l’UQAM. L’UQ lui accorde plutôt une autorisation de dépenses pour les quatre prochains mois. Cette décision a été prise par l’assemblée des gouverneurs, l’instance qui réunit l’ensemble des dirigeants des neuf établissements formant le réseau de l’UQ. Il n’était pas question de permettre à l’UQAM d’aller de l’avant avec son budget déficitaire (manque à gagner de 30 millions), adopté la semaine dernière par le conseil d’administration sans qu’un plan de redressement l’accompagne. Or ce plan est attendu le 15 juin, date fixée par la ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne.

« On donne une marge de manoeuvre à l’UQAM en espérant qu’on n’ait pas à donner d’autres délais. On n’aime pas qu’un de nos établissements soit sans budget », a expliqué au Devoir le président de l’UQ, Pierre Moreau.

L’UQ s’est appuyée sur l’analyse présentée hier par les experts de la firme Ernst & Young. Bien que la firme comptable juge « raisonnables » les hypothèses budgétaires de l’UQAM, elle conclut que « l’approbation d’un budget démontrant une perte d’exploitation totalisant plus de 30 millions représente une situation qui [...] apparaît inconfortable ». Il est souhaitable, peut-on lire dans le document, que « l’approbation finale soit fondée sur une vision d’ensemble du plan de redressement ».

D’ici le 30 septembre, l’UQAM aura donc à présenter un nouveau budget qui devra traduire les mesures qui auront été adoptées lors de la restructuration. Pierre Moreau a donné l’assurance que les travaux d’élaboration d’un plan de redressement se font dans la plus grande collaboration avec l’UQAM. « Tous les efforts sont déployés pour y parvenir », a-t-il souligné.

Outre le budget de fonctionnement, l’assemblée des gouverneurs a reconduit la marge de crédit de l’UQAM, qui s’élève à 275 millions. Selon les informations soumises au réseau de l’UQ, l’UQAM pourrait traverser l’été en utilisant 270,8 millions des 275 millions de sa marge de crédit.

L’UQAM n’a pas voulu commenter hier cette autonomie budgétaire limitée que lui a consentie l’UQ. La direction des communications a toutefois précisé qu’aucune demande officielle n’avait été présentée au réseau afin que la marge de crédit soit augmentée de 75 millions.

Dans un document présenté au conseil d’administration le 2 mai dernier et remis aux médias le lendemain, on faisait état de « besoins en marge de crédit bancaire en 2007-08 » de 347,8 millions alors qu’elle est actuellement de 275 millions. Mais il semble que cette majoration soit demeurée un souhait compte tenu de l’intervention du président de l’UQ.

« J’avais prévenu qu’il fallait trouver toutes sortes de façons pour régler le problème mais qu’il ne nous apparaissait pas approprié d’augmenter la marge de crédit », a expliqué M. Moreau.

La perspective d’une « faillite technique » l’été prochain, évoquée par le vice-président du conseil d’administration de l’UQAM lors d’une entrevue enregistrée avec Le Devoir, a semé l’émoi dans la communauté universitaire. La direction de l’UQAM s’est inscrite en faux contre cette expression, pourtant utilisée à l’interne, selon les témoignages recueillis par Le Devoir, et a dû rassurer les différents partenaires en ce qui a trait à sa capacité d’assumer ses obligations au cours des prochains mois.

Dans ce contexte délicat, Pierre Moreau a cherché à se montrer rassurant pour la communauté universitaire. « Il faut rester calme. Il ne faut pas être alarmiste afin d’éviter des effets non souhaitables. Je peux vous assurer que la qualité de l’enseignement demeure », a affirmé le président de l’UQ.