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Problèmes financiers de l’UQAM

Le manque à gagner serait de 17 millions, selon l’UQ

[ lundi 1er octobre 2007]


Le Devoir
LES ACTUALITÉS, samedi, 29 septembre 2007, p. a5

Problèmes financiers de l’UQAM
Le manque à gagner serait de 17 millions, selon l’UQ

Cauchy, Clairandrée

L’effort supplémentaire pour que l’Université du Québec à Montréal (UQAM) arrive à l’équilibre financier représenterait seulement 0,9 % du budget annuel, de façon récurrente pendant cinq ans, selon les chiffres présentés hier à l’assemblée des gouverneurs de l’Université du Québec.

« Ce qu’il reste à découvrir, ce sont des pistes qui permettraient de faire des coupures ou de trouver des revenus supplémentaires pour même pas l’équivalent de 1 % du budget sur cinq ans », a indiqué hier le président du Réseau de l’Université du Québec, Pierre Moreau, en faisant référence aux chiffres avancés par la firme Ernst & Young. Le manque à gagner qu’il faut combler ne serait donc que d’environ 17 millions, répartis sur cinq ans.

Le plan de redressement présenté en juin dernier, jugé insuffisant par la ministre et le réseau UQ, faisait passer le déficit accumulé de l’université après cinq ans de 303 millions à quelque 150 millions. La ministre a par ailleurs annoncé depuis lors que le gouvernement prendrait à sa charge l’îlot Voyageur, ce qui pourrait soulager le budget de fonctionnement de l’université d’un autre 55 millions (essentiellement dû aux frais financiers). Le président du réseau UQ n’était pas en mesure d’expliquer comment on en arrivait aujourd’hui à un manque à gagner de seulement 17 millions sur cinq ans.

Personne à l’UQAM n’a été en mesure de confirmer ou d’infirmer cette interprétation de l’effort financier à fournir. On précise cependant que les deux firmes comptables (PricewaterhouseCoopers pour l’UQAM et Ernst & Young pour le réseau UQ) devront se parler « pour arriver à une compréhension commune des chiffres », a expliqué la responsable des communications de l’UQAM, Francine Jacques.

Les chefs d’établissement du réseau UQ ont par ailleurs entériné hier l’entente qui prévoit la marche à suivre pour arriver à un plan de redressement le 29 février prochain, qui fait intervenir deux firmes comptables et un comité de sages nommés par la ministre.

Les gouverneurs de l’UQ ont aussi accepté de voter un budget provisoire permettant à l’université d’avoir les liquidités nécessaires pour fonctionner normalement jusqu’au 29 février prochain.

L’entente intervenue entre l’UQAM, l’UQ et la ministre de l’Éducation n’a pas eu l’heur de plaire à tout le monde à l’UQAM. Le président de l’Association des étudiants en sciences, qui représente également les étudiants au conseil d’administration de l’université, Patrick Véronneau, la juge inacceptable. « On est en train de reléguer la question financière à deux firmes comptables », a tonné M. Véronneau, qui n’hésite pas à traiter la direction de l’UQAM de « chien de poche » de Québec.

Les membres de son association étudiante devraient se prononcer la semaine prochaine sur un mandat de grève générale. M. Véronneau a l’intention d’ajouter à la série de revendications le fait de demander la démission de tous les membres du bureau de direction de l’université.

Le porte-parole de l’Association facultaire des étudiants en sciences humaines, Alexandre Leduc, est lui aussi déçu de la tournure des événements, d’autant plus qu’il a perçu la semaine dernière que la direction encourageait les étudiants à jouer la carte de la mobilisation. « C’est rendu que ce sont les associations étudiantes et les syndicats qui sont les meilleurs défenseurs de l’UQAM. En haut, c’est l’à-plat-ventrisme total », s’insurge M. Leduc, dont l’association a adopté jeudi un mandat de grève générale illimitée.