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Dégel des droits de scolarité

"Le ministère n’attend pas l’étude sur le dégel", par Marie Allard

Paru aujourd’hui sur Cyberpresse

[ mercredi 25 avril 2007]


Le Ministère n’attend pas l’étude sur le dégel

Par Marie Allard

Cyberpresse, le 25 avril 2007

Le ministère de l’Éducation va hausser les droits de scolarité de 50 $ par trimestre dès septembre, sans attendre la livraison de l’étude qu’il a commandée à une experte sur le dégel. Promise pour le printemps 2007, cette étude examine l’impact financier de la gratuité scolaire à l’université, d’un dégel suivant l’inflation ou encore d’une facture modulée par champs d’études (plus cher en médecine qu’en philosophie, par exemple).

« Ce n’est pas terminé, mais ça ne devrait plus tarder à être rendu au Ministère », a dit hier à La Presse Valérie Vierstraete, professeure d’économie de l’Université de Sherbrooke à qui ce mandat d’étude a été confié.

N’est-il pas décevant de préparer un rapport alors que la décision de hausser les droits a déjà été prise ? « Ce n’est pas à moi de commenter ce genre de choses, a-t-elle répondu. On nous a bien dit de ne pas faire ce genre de commentaires tant que le rapport n’était pas rendu public. »

Il ne s’agit pas « d’un rapport de recommandations », plutôt de « constats », a fait valoir Valérie Grenier, attachée de presse de la nouvelle ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne. Elle n’a pu indiquer quand l’étude - promise pour le printemps 2007 par l’ex-ministre Jean-Marc Fournier - allait être rendue publique.

Pour les cinq prochaines années

La hausse des droits de scolarité de 50 $ par trimestre pour les cinq prochaines années a été confirmée par Mme Grenier. D’ici 2011-2012, les droits grimperont de 30 %, passant de 1668 $ à 2168 $ par année d’étude à temps plein.

Aucun projet de loi n’est nécessaire pour dégeler les droits : il suffit de faire approuver la hausse par le Conseil des ministres et le Conseil du Trésor. Cela se fera rapidement, selon Mme Grenier. La bonification des prêts et bourses sera faite « en concordance », a-t-elle indiqué.

« Si la ministre Courchesne cherche la grève, elle l’aura ! »

La confirmation du dégel - alors que le trimestre universitaire tire à sa fin - a fait bondir les mouvements étudiants. « Si la ministre Courchesne cherche la grève, elle l’aura ! » a dit Jaouad Laaroussi, porte-parole de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE). Déjà, sept associations membres de l’ASSE se sont prononcées en faveur de la grève générale illimitée à l’automne.

« Il faut s’attendre à un automne chaud » a corroboré Étienne Hudon-Gagnon, président de la Fédération étudiante collégiale (FECQ). « Malheureusement, le gouvernement continue d’agir avec arrogance, a ajouté Jean-Patrick Brady, président de la Fédération étudiante universitaire. Au mois de septembre, nous allons consulter les étudiants sur les moyens de pression à envisager. »

Favorable à une hausse plus modeste - limitée à l’indexation au coût de la vie -, l’Action démocratique va « suivre avec vigilance » le dégel proposé par le gouvernement.

« On tient absolument à ce qu’il y ait une augmentation des bourses en même temps, a dit François Desrochers, critique en matière d’éducation. Ensuite, il ne faut pas que les étudiants soient les seuls à réinvestir, le gouvernement doit aussi injecter de l’argent frais dans les universités. »

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