Accueil du site > Dernières nouvelles > Crise financière UQAM > Lettre ouverte à la rectrice concernant l’îlot voyageur

Lettre ouverte à la rectrice concernant l’îlot voyageur

[ dimanche 15 avril 2007]


Madame,

Je prends quelques minutes pour vous faire part de mon indignation à la lecture des articles de la dernière édition du Montréal Campus de cette semaine concernant la situation financière présente de l’UQAM.

C’est l’étudiant qui s’était donné la peine d’investiguer sur le dossier de l’Îlot Voyageur et de vous faire part de critiques, de mises en garde et de revendications l’année dernière qui vous écrit aujourd’hui. À la lecture des dernières informations, je constate en effet que la situation ne pourrait être pire que ce qu’elle est présentement et j’en suis aussi attérré que scandalisé !

Le huis clos présentement imposé sur la situation financière de l’UQAM et le dossier de l’Îlot Voyageur au Conseil d’administration de l’UQAM et à l’Assemblée des gouverneurs du réseau UQ est absolument inique et constitue selon moi non seulement un profond manque de transparence mais carrément une marque d’irrespect flagrante envers les étudiants de votre institution qui ont été les premiers à vous prévenir des risques inhérents à cette aventure immobilière hors norme.

Sans aucune information, sans même que nos propres représentants étudiants élus puissent nous informer de la situation, nous ne pouvons donc que faire travailler notre "imagination" pour essayer d’évaluer l’ampleur des dégâts.

Car qu’avons-nous cesser de vous répéter pendant de long mois tout au long de l’année dernière ? Qu’avais-je écrit dans le Montréal Campus il y a un an et demi dès le 23 novembre 2005 dans le champs libre intitulé "Irresponsabilité publique" ?

1- Nous vous mettions en garde contre les risques financiers potentiels du "PPP le fun" que décrivait alors Mauro Malservisi.

2- Nous vous demandions d’être cohérents avec la politique environnementale de l’UQAM et la situation stratégique unique à Montréal de desserte en transports en commun de notre établissement et nous vous demandions de diminuer en conséquence le nombre de stationnements du nouvel Îlot.

3- Nous vous demandions enfin de faire preuve de maturité et d’humilité en engageant le dialogue avec tous les acteurs de la communauté uqamienne AVANT de prendre d’aussi importantes décisions qui nous engagent toutes et tous plutôt que de gérer les problèmes après-coup !

Où en est-on rendu un an et demi plus tard ?

1- Le PPP apparaît aujourd’hui beaucoup moins "le fun" mais cette situation ne serait pas si terrible si elle n’avait des impacts directs sur d’autres aspects du projet, d’autres activités de l’UQAM et surtout sur des personnes à qui on n’a jamais demandé leur avis sur toutes les décisions qui ont été prises ces dernières années dans ce dossier.

L’UQAM fait ainsi déjà les frais de cette décision dès cette année en devant aller piocher quelques millions dans le budget de fonctionnement pour éponger sa dette croissante liés aux intérêts qui ne cessent d’augmenter, alors qu’on nous jurait il y a encore un an la main sur le coeur que ce budget resterait à tout jamais inviolable, quoiqu’il arrive. Et l’on ose à peine "imaginer" jusqu’où pourrait se rendre ce mécanisme dans les prochaines années, affectant directement les conditions d’études des étudiants de l’UQAM et de toute la communauté uqamienne qui fait encore une fois les frais de décisions auxquelles elle n’a jamais participé, littéralement prise en otage par l’incompétence de sa propre direction.

2- On peut par contre très bien "imaginer" que les déboires de ce PPP risquent de remettre en question le seul acquis que nous avions obtenu alors concernant la taille du stationnement qui avait été réduite au profit d’une gare centrale de vélos.

3- Quant à l’impératif de la consultation, nous voilà rendu à la quintessence de la transparence : le huis clos !

C’est donc avec une immense hâte que j’espère pouvoir échanger avec vous de toutes ces préoccupations lors de la prochaine rencontre du comité institutionnel chargé du suivi du projet de l’"Îlot voyageur" dont je suis toujours le représentant des associations étudiantes de l’UQAM et dont je n’ai jamais reçu aucune information indiquant la fin de ses activités. J’imagine que devant la gravité de la situation vous vous assurerez de réunir la famille uqamienne afin de débattre ensemble et d’arriver à des solutions communes pour sortir collectivement de cette crise la tête haute.

Vous en appelez aujourd’hui à la "solidarité" de la population étudiante, je vous rappelle à votre "principe de responsabilité".

Excellent été à vous.

Yann Louvel
Étudiant à la maîtrise en sciences de l’environnement Université du Québec à Montréal