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Frais afférents

MISE AU POINT DE LA DIRECTION

[ vendredi 9 mars 2007]


Vous trouverez ci-joint la réaction de notre association aux propos formulés par M. Parent.


MISE AU POINT DE LA DIRECTION RELATIVE AUX FRAIS AFFÉRENTS DES ÉTUDIANTS

Devant la persistance de certaines rumeurs et inquiétudes concernant l’augmentation des frais afférents, la direction de l’UQAM tient à réitérer son engagement à ne pas augmenter ces frais sans une entente préalable avec les associations étudiantes.

Nous tenons à souligner qu’aucun point à ce sujet ne figure à l’ordre du jour du prochain Conseil d’administration qui doit se tenir mardi prochain, le 13 mars.

La semaine dernière, une réunion du Conseil d’administration a dû être annulée en raison d’un blocage étudiant. À nouveau, nous faisons appel à la collaboration et à la solidarité de toutes et de tous pour faire en sorte que le Conseil d’administration, instance légitime de notre Université, puisse tenir ses délibérations dans des conditions propices à la prise des importantes décisions qui engagent l’avenir de notre Université.

Pierre Parent
Vice-recteur aux Affaires publiques et au développement et Secrétaire général


L’inquiétude des étudiants face à une possible hausse des frais afférents est bien réelle. Je ne peux que constater que cette inquiétude est partagée, que la direction de l’UQÀM redoute que différentes perturbations surviennent de nouveau.

L’engagement de la direction de l’UQÀM est somme toute clair : pas de hausse de frais afférents sans une entente au préalable avec les associations étudiantes.

Voici un bref historique du dossier frais afférents à l’UQÀM cette année :

21 septembre 2006 : Rencontre en compagnie de M. Roch Denis, recteur de l’UQÀM, de Mme Lamoureux, vice-rectrice aux études et à la vie étudiante et M. Jean-Louis Richer, directeur des Services à la vie étudiante. Les 7 associations facultaires se prononcent très clairement contre toute hausse de frais afférents facturés aux étudiants-es. Nous prenons position pour une campagne visant un réinvestissement public dans nos universités.

25 septembre 2006 : Les 7 associations facultaires ainsi que les 4 syndicats de l’UQÀM se prononcent en conférence de presse contre toute hausse de frais facturés aux étudiants-es et prônent un réinvestissement public massif en éducation post-secondaire. Vous pouvez consulter le texte ici.

13 octobre 2006 : Rencontre en compagnie de Mme Lamoureux et de M. Jean-Louis Richer. À la suite du proposition de la direction de l’UQÀM de créer différents fonds cotisables par les étudiants-es, les associations facultaires réitèrent leur position en ce qui a trait aux frais afférents et se prononcent à l’effet que ces fonds ne sont ni plus ni moins qu’une façon détournée d’arriver au même résultat initialement proposé.

12 décembre 2006 : Lors de l’élection de Mme Laberge à titre de rectrice intérimaire, les représentants étudiants au Conseil d’administration ont posé la question à savoir si les frais afférents étaient toujours une avenue envisagée par la direction de l’UQÀM. Autant la rectrice que la vice-rectrice aux finances, Mme Goyette, nous avait assuré que non, car il ne s’agissait pas d’une solution viable pour l’UQÀM.

6 février 2007 : Une conférence de presse regroupant la majorité des associations étudiantes du réseau de l’UQ a lieu à Québec. Cette conférence de presse vise à dénoncer la résolution adoptée par l’assemblée des gouverneurs de l’UQ, soit des hausses de frais afférents à travers son réseau, brimant du même coup son rôle d’accessibilité universelle dont les bases mêmes furent jetées par le Rapport Parent. Les frais afférents ne constituent ni plus ni moins qu’un dégel des frais de scolarité, auquel les associations s’opposent farouchement.

13 février 2007 : Présentation du plan de redressement de l’UQÀM au Conseil d’administration (daté du 30 novembre 2006). À la surprise des représentants étudiants, celui-ci contient la possibilité d’une hausse des frais afférents, la seconde "tentative" de la direction de l’UQÀM cette année. Je prends alors la parole soulignant très clairement les démarches qui avaient été faites cette année dans ce dossier et que la position des associations étudiantes demeuraient la même. Aucune entente dans ce contexte n’est possible, que nous devrions tous économiser temps et énergie, et nous concentrer sur d’autres pistes de solution.

16 février 2007 : Une déclaration est lue et acheminée aux membres, observateurs, et observatrices du Conseil d’administration. Elle est signée de 5 associations facultaires ainsi que par le Syndicat des étudiants-es employés-es de l’UQÀM (SÉtuE). Cette déclaration est disponible ici. Elle réitère très clairement qu’aucune entente visant une hausse de frais afférents ne sera possible.

27 février 2007 : Une soixante d’étudiants-es bloquent l’accès aux membres, observateurs et observatrices du Conseil d’administration empêchant du même souffle que la réunion ait lieu. Des représentants étudiants présents sur les lieux demandent à rencontrer Mme Laberge dans les plus brefs délais. Une rencontre est finalement organisée, rencontre à laquelle Mme Lamoureux et M. Richer seront également présents-es. Les représentants-es étudiants-es remettent à Mme Laberge une lettre qui stipule que la direction de l’UQÀM reconnait qu’il n’y a et qu’il n’y aura pas d’entente en ce qui a trait aux frais afférents à l’UQÀM. Mme Laberge s’engage à consulter le comité de direction à cet effet.

28 février 2007 : 5 représentants-es étudiants-es, de l’AESSUQÀM et de l’AFESH-UQÀM, sont convoqués-es devant un comité d’intervention (discipline) afin d’être jugés-es pour leurs agissements lors de la manifestation étudiante du 27 février. Ce comité a reconnu coupable les représentants-es étudiants-es, et ce sans avancer la moindre preuve de culpabilité. Le comité avait refusé que les étudiants-es soient accompagnés-es d’un avocat, les règles du comité ne permettent aucune procédure d’appel, les 2/3 des membres du personnel votant siégeant à ce comité étaient présents sur les lieux de la manifestation et se retrouvaient, apparemment, comme seuls témoins produits devant le comité, étant ni plus ni moins que juges et parti. Atteinte à la réputation, partialité, ce dossier est loin d’être clos.

(à venir) 14 mars 2007 : La direction de l’UQÀM menace d’annulation un débat organisé par les étudiants (association étudiante modulaire de science politique) dans le cadre de la campagne électorale, craignant que cet événement devienne un vecteur de mobilisation étudiante qui pourrait subséquemment entraîner une manifestation. De plus, puisqu’une réunion du Conseil d’administration est prévue la veille, si une manifestation y avait lieu, l’événement serait automatiquement annulée. Pour une université publique, qui se dit démocratique, pour le moins qu’on puisse dire, ces agissements sont non seulement condamnables, mais la direction de l’UQÀM ne peut que susciter notre inquiétude et notre méfiance.

Le dossier des frais afférents ne date donc pas d’hier. La direction de l’UQÀM ne pouvait croire qu’une entente serait possible (à moins de ne pas avoir suivi le même historique que je viens de tracer), alors, que se passe-t-il donc ? Sommes-nous face à un ministère de l’éducation qui exige de l’UQÀM qu’elle hausse ses frais, en guise d’une contribution du type "faite votre part et on fera la nôtre" ? Tout porte à le croire ?

Pourquoi les frais afférents, hormis la situation financière de l’UQÀM, se retrouvent-ils au plan de redressement ? 5 000 000$ pour une institution comme la nôtre c’est bien peu, mais pour les étudiants-es, il s’agit bien là d’un fardeau financier supplémentaire, qu’on ne saurait accepter, surtout à la veille d’un possible dégel de nos droits de scolarité.

Pas d’entente, pas de hausse. Quand la direction de l’UQÀM reconnaîtra-t-elle qu’il n’y a pas d’entente possible ?

Combien de fois les associations étudiantes devront-elles le souligner ?

De laisser traîner la question ne fait qu’alimenter les doutes ; quelles sont les réelles intentions de la direction de l’UQÀM ? Lorsqu’on sait qu’aucune rencontre avec la direction de l’UQÀM n’est prévue avant le 22 mars prochain, ce dossier demeure donc en suspend.

Dans ce contexte, il ne faudrait pas être surpris que des étudiants-es réagissent vivement et perturbent de nouveau les activités normales de l’UQÀM. Je ne peux à ce moment-ci que déplorer que ce dossier ne soit pas déjà dernière nous et que nous ne soyons pas en discussion pour travailler de concert à une solution concrètement viable, c’est-à-dire un réinvestissement public dans nos universités.

Patrick Véronneau
Coordonnateur général AESSUQÀM