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Dégel des droits de scolarité

Québec améliore le régime des prêts et bourses

[ mercredi 4 juillet 2007]


Le Devoir LES ACTUALITÉS, vendredi 29 juin 2007, p. a2

Québec améliore le régime des prêts et bourses

Lévesque, Kathleen

Le régime des prêts et bourses sera modifié à compter de septembre prochain afin de compenser la hausse des droits de scolarité de 100 $ par année, a annoncé hier la ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne, lors d’une conférence de presse perturbée par la colère d’une poignée d’étudiants.

Pour l’année 2007-08, les changements annoncés représentent un investissement de 31,2 millions, qui se décline en quatre mesures. D’abord, une enveloppe de 5,1 millions servira à couvrir le dégel des droits de scolarité pour les étudiants qui bénéficient de bourses, soit les plus démunis d’entre eux. « Le 26 mars dernier a été la consultation publique la plus éloquente. [...] Même Pauline Marois recule sur ce sujet-là et se dit d’accord avec le dégel », a affirmé Mme Courchesne.

La ministre a également annoncé l’indexation des frais de subsistance pour les étudiants dans le calcul de l’aide financière qui leur est versée. Cela représente une moyenne de 125 $ de plus en bourse par année scolaire. Le coût pour le gouvernement s’élève à 11 millions.

L’indexation ne s’applique toutefois que pour une année alors que le gouvernement libéral n’a rien ajusté depuis quatre ans.

Dorénavant, le ministère de l’Éducation prendra en compte les frais liés à Internet dans les montants admissibles comme matériel scolaire. C’est 85 $ de plus par année pour les étudiants et une facture de 7,5 millions pour Québec.

Aussi, la contribution parentale sera réduite de 10 % dans le calcul des prêts et bourses, c’est-à-dire un investissement gouvernemental de 7,6 millions ou une somme additionnelle de 295 $ en moyenne pour un étudiant.

Au total, la majoration moyenne de la bourse pour un étudiant s’établira à 605 $. Quant à son niveau d’endettement, il demeurera inchangé. Le prêt maximal accordé demeure à 2440 $.

De plus, la ministre Courchesne a précisé son intention d’encadrer les frais afférents imposés par les universités. Une consultation débutera le 27 août pour une période de six semaines. La ministre rencontrera les acteurs concernés mais ouvrira également le débat par Internet.

Depuis plusieurs années, les universités utilisent les frais afférents comme voie de contournement de leur sous-financement. « Ce n’est pas une course aux frais afférents les plus élevés. C’est ça qu’il faut arrêter. Il faut qu’il y ait une certaine rationalité derrière les frais afférents », a fait valoir Mme Courchesne.

Cette dernière a été interrompue à plusieurs reprises par des étudiants de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE). L’ASSE promet une grève générale dès l’automne pour se battre contre le dégel des droits de scolarité. Le même groupe d’étudiants a bloqué quelques minutes plus tard la sortie de la limousine de la ministre. Des policiers étaient prêts à intervenir, mais Michelle Courchesne a alors téléphoné à son garde du corps afin de parler à un porte-parole des étudiants. À la fin de la conversation, tout est rentré dans l’ordre.

Outre l’ASSE, qui regroupe majoritairement des élèves du collégial, la Confédération des associations d’étudiants de l’Université Laval (CADEUL) et la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) ont exprimé leur déception. « Ce ne sont que des miettes quand on compare avec les économies de 71 millions réalisées par le gouvernement depuis quatre ans en ne faisant pas d’indexation », a dénoncé Karine Millaire, présidente de la CADEUL.

Le président de la FEUQ, Jean-Patrick Brady, a rappelé que « le but de dégeler les droits de scolarité, selon le gouvernement, c’est d’améliorer la qualité et le financement des universités ». M. Brady a alors lancé, pointant l’édifice inachevé de l’îlot Voyageur, un des projets immobiliers qui ont plongé l’UQAM dans une crise financière hors du commun : « Regardez en arrière ; est-ce que ça va régler ça ? »

L’augmentation des droits de scolarité sera beaucoup plus élevée pour les étudiants étrangers. La hausse annuelle de 4 % des droits supplémentaires qui s’appliquent pour cette catégorie d’étudiants sera majorée de 1 %, pour un total de 5 %. Cela générera des revenus additionnels d’un million, que se partageront les universités. De plus, ces dernières seront autorisées à augmenter jusqu’à 10 % les montants forfaitaires imposés aux étudiants étrangers pour un total possible de 10 millions.