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Réaction de la FEUQ/FECQ à l’annonce du dégel du Parti Libéral

[ dimanche 18 février 2007]


Réaction de la FECQ et de la FEUQ à la plateforme libérale - Les étudiants ne feront pas les frais du désengagement et des échecs de Jean Charest

QUEBEC, le 17 fév. /CNW Telbec/ - La Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) déplorent la vision à court terme du Parti libéral en matière d’éducation postsecondaire et d’accessibilité aux études. Les deux fédérations étudiantes croient aussi que le Parti libéral devrait être davantage transparent quant aux réels engagements qu’il entend prendre à la veille de la prochaine campagne électorale provinciale et aux promesses non réalisées depuis 2003.

Un réinvestissement provincial qui n’en est pas un

M.Charest promet d’investir 1 milliard de dollars sur cinq ans, soit 200 millions par année. Par contre, tel que précisé dans la plate-forme, il s’agit d’un montant qui sert essentiellement à couvrir les coûts de système. Ces sommes ne serviront pas à embaucher de nouveaux professeurs ou à acheter de nouveaux livres, on ne peut donc pas parler de réinvestissement en tant que tel.

"C’est comme si un étudiant qui payait 4 000$ de loyer par année se disait au début juillet, qu’il allait cette année réinvestir 4 000$ dans son loyer. C’est un non-sens ! M.Charest promet ce que tout parti au pouvoir doit minimalement faire, ne pas couper dans les subventions allouées aux cégeps et aux universités et continuer de couvrir les coûts de système, rien de plus !", croit Christian Bélair, président de la FEUQ.

Des promesses non réalisées

Le Parti libéral rappelle l’importance d’aller chercher une augmentation des transferts fédéraux alors que cela fait déjà plus d’un an et demi que le dossier perdure et que M.Charest n’a toujours pas livré la marchandise. M.Charest évite aussi de chiffrer ses demandes en terme de transferts, alors que tous savent que la part du Québec représente 1,2 milliards. Il suffit de relire la déclaration commune signée par tous les acteurs du milieu de l’éducation postsecondaire québécois, incluant le ministre de l’Education du Loisir et du Sport lui-même.

"Serait-ce que M.Charest a peur de ne pas atteindre ses objectifs ? S’agit-il d’un aveu d’échec avant l’heure ?" se demande Etienne Hudon-Gagnon, président de la FECQ.

Une facture étudiante qui continue d’augmenter

Contrairement à l’affirmation généralement admise voulant que la contribution étudiante au financement des universités ait stagné depuis le gel des droits de scolarité en 1994, on peut observer que la hausse des frais assumés par les étudiants depuis 1994 a proportionnellement dépassé, et de loin, la hausse des subventions gouvernementales. En fait, depuis 1994 la hausse des frais afférents est responsable d’une augmentation de 19,2 % de la facture totale des étudiants. Rappelons qu’en 2003, le Parti libéral s’était engagé à réglementer les frais afférents via une loi-cadre, ce qu’ils n’ont jamais fait.

"Aujourd’hui, ce que propose le Parti libéral, c’est tout simplement l’inertie, sinon que pelleter en avant le problème, puis d’ajouter 500$ de plus aux frais de scolarité déjà existants. M.Charest laisse ainsi tomber les étudiants de toutes les régions du Québec qui se voient confrontés, depuis décembre dernier, à de nouvelles hausses des frais afférentes de plus de 160$ par année", martèle M.Bélair.

Aucune réelle amélioration de l’aide financière aux études

Le Parti libéral promet de transférer 25% des montants supplémentaires, obtenus grâce au dégel des frais de scolarité, dans le système d’aide financière. Rappelons que le Comité consultatif sur l’aide financière aux études (CCAFE) évalue à 40% les montants qui devraient être transférés dans le système afin d’éviter les impacts négatifs sur l’accessibilité.

Il faut aussi préciser qu’il ne s’agit nullement d’une réelle amélioration au système d’aide financière, mais bien une tentative de prévenir les conséquences négatives qu’aura un dégel sur l’accessibilité aux études. Une réelle amélioration du système d’aide financière coûterait 120 millions. Par conséquent, M.Charest laisse donc tomber tous les étudiants sur l’aide financière, dont les dépenses admises n’ont pas été indexées depuis 2003 et 51% des étudiants qui, selon les calculs de l’aide financière aux études, devraient recevoir une contribution parentale alors qu’il n’en est rien.

Une campagne électorale mouvementée

"Dans tous les cas, il faut croire que M.Charest saisit mal les conséquences désastreuses que ces "nouvelles promesses" auront sur l’accessibilité aux études : diminution de la réussite aux études et abandons scolaires. Pour toutes ces raisons, M.Charest devra définitivement s’attendre à trouver des étudiants sur son chemin durant la prochaine campagne électorale, dans les lieux publics et dans les comtés ciblés", conclu M.Hudon-Gagon.